Madagascar outlet report 2014

Les résultats de l’enquête auprès des lieux de prestations de services 2013-14 montrent le succès de l’interdiction de la chloroquine : la disponibilité de celle-ci a baissé depuis 2011 ; malgré cela, 87% des détaillants stockant des antipaludiques continuent d’en stocker.

Les QAACTs sont toujours largement disponibles dans le secteur public à Madagascar et leur disponibilité a augmenté dans le secteur privé, notamment dans les établissements du secteur privé à but lucratif, les pharmacies et les dépôts pharmaceutiques. Malgré tout, seulement 33% des antipaludiques distribués par le secteur privé en 2013/14 étaient des QAACT. La SP continuent d’être largement disponible et distribuée fréquemment. Au moment de l’enquête en 2013/14, la SP était très peu disponible dans le secteur public en raison de ruptures de stock au niveau central, mais était disponible dans le secteur privé. La part de marché de la SP a augmenté de 15% des antipaludiques distribués par le secteur privé en 2011 à 42% en 2013/14.

La plupart des QAACT distribués par le secteur privé portent le logo ‘feuille verte’, indiquant un co-paiement par le Fonds Mondial. L’évaluation initiale du mécanisme AMFm a montré peu de changements en termes de part de marché des QAACT à Madagascar et pas de changement dans la disponibilité de ceux-ci dans le secteur privé. Le prix des QAACt dans le secteur privé est resté bas pré- et post-AMFm. En 2013, le prix médian d’une dose équivalent adulte d’un QAACT était de $0.54 contre $0.40 pour une dose de SP.

Les données sur les connaissances et les pratiques des prestataires montrent que de nombreux prestataires du secteur privé ignorent le traitement de première intention, ainsi qu’un écart entre connaissances et pratiques, notamment en ce qui concerne le traitement des adultes. Moins de 10% des détaillants ont correctement cité le traitement de première intention recommandé et moins de 15% d’entre eux citent les ACT comme traitement le plus efficace pour les enfants, suggérant que le manque de connaissances pourrait être à l’origine de l’utilisation par les détaillants de la choloroquine.

La disponibilité de méthodes de diagnostic sanguin a augmenté dans le secteur public depuis 2010, mais de grandes lacunes doivent être adressées dans le secteur privé afin d’assurer le diagnostic de chaque  cas suspect avant traitement. En effet, le secteur privé a distribué 80% des antipaludiques en 2013/14, mais le diagnostic sanguin est très peu disponible dans les pharmacies, les dépôts pharmaceutiques et les détaillants. Madagascar participe au projet financé par UNITAID visant à créer un marché pour les tests de diagnostic rapides du paludisme.

Les enquêtes ACTwatch continueront à évaluer la disponibilité, le prix et la part de marché des antipaludiques à Madagascar. La prochaine enquête auprès des LPS est prévue pour 2015. 

Malgré une chute des cas et décès entre 2002-2012, le paludisme était l’une des cinq causes majeures de mortalité en 2012. La stratégie nationale de lutte contre le paludisme 2013-2017 classe le pays en trois zones géographiques en fonction de l’épidémiologie locale et du niveau de couverture des interventions de lutte contre le paludisme : le contrôle, le consolidation et la pré-élimination. Les directives de prise en charge du paludisme et les stratégies de contrôle du PNLP sont adaptées aux besoins spécifiques et aux défis propres à chaque zone. Les interventions mises en œuvre incluent la prévention et la prise en charge des cas, ainsi que le déploiement d’agents de santé communautaire pour la prise en charge intégrées des maladies des enfants (PCIMEc). Les directives nationales de traitement recommandent que tous les cas suspectés de paludisme soient testés gratuitement par des Tests de Diagnostic Rapide (TDRs) ou par microscopie. En 2006, l’Artésunate Amodiaquine (ASAQ) a été adopté comme traitement de première intention contre les cas de paludisme simple. Le traitement de deuxième intention est l’Artéméther Luméfantrine (AL).

Madagascar a pris part à la phase pilote du Fonds pour des médicaments antipaludiques à des prix abordables (AMFm) visant à baisser les prix et accroître la disponibilité des ACTs de qualité garantie (QAACTs), tout en réduisant la disponibilité des monothérapies antipaludiques comme la Sulfadoxine-pyrimethamine (SP) et la chloroquine (interdite à Madagascar depuis 2011). Des ACTs co-financés ont été mis à disposition des acheteurs de première ligne à Madagascar de 2010 à 2013 et en Novembre 2012, le programme de participation du secteur privé à été intégré dans la subvention  du Fonds Mondial.

L’enquête auprès des lieux de prestation de services (LPS) menée par ACTwatch constitue la quatrième enquête de ce type menée à Madagascar. Elle fournit des données pouvant informer les activités de suivi et d’évaluation et servir à ajuster les politiques, stratégies et les décisions de financement afin de renforcer la prise en charge des cas de paludisme.